La maman d'Elizabeth

Posted: Dec 18, 2010

Je suis la mère d'une enfant bien active de 20 mois, qui commence à marcher. Elle est belle, intelligente et très amusante. J'essaie avant tout de la tenir occupée toute la journée et de lui montrer le nom de chaque chose, car elle est très curieuse.

La vie n'était pas si simple quand elle est née, à l'Hôpital général d'Ottawa. Notre bébé ne pesait que 1 lb 9 oz. Arrivée bien avant terme, elle est née après seulement 25 semaines de grossesse, au lieu des 40 semaines normales.

Je travaillais dans un grand magasin de détail jusqu'au moment des contractions. Comme conseillère en cosmétiques, je devais rester debout derrière un comptoir toute la journée. Je faisais beaucoup de va-et-vient et je m'assoyais à l'occasion, mais on me demandait de rester debout pour offrir le service aux clientes. Comme c'était mon premier enfant, je n'ai pas su que le travail avait commencé. Les contractions ont débuté à la fin de la 24e semaine, mais je croyais qu'il s'agissait de fausses contractions, appelées contractions de Braxton-Hicks. La nuit suivant le début des contractions, une certaine perte de liquide m'a inquiétée et j'ai téléphoné au service d'appel d'urgence dont le médecin m'avait donné le numéro. Je me souvenais que le résident responsable de ma grossesse, au bureau du médecin, m'avait donné une brochure sur l'accouchement prématuré. Mais j'avais tellement reçu de documentation pendant la grossesse qu'il m'était impossible de la trouver dans la pile que j'avais accumulée concernant les bébés. La personne au téléphone m'a dit que, comme mes contractions n'étaient pas fortes et qu'il n'y avait pas de sang, je n'étais pas en situation d'urgence. Elle m'a toutefois conseillé de voir mon obstétricien dès le lendemain matin.

Quand je me suis rendue chez le médecin, les contractions étaient inconfortables au point que j'ai demandé de m'allonger. L'infirmière paraissait inquiète et m'a immédiatement envoyée au triage de l'hôpital, au campus Civic. Là, la résidente s'est adonnée à être une amie. Après avoir vérifié les pertes pour voir s'il s'agissait de liquide amniotique et après avoir examiné mon col pour voir s'il était dilaté, elle n'a rien trouvé qui indiquait que le travail avait commencé. J'étais branchée à un moniteur fotal qui indiquait que le bébé se portait bien, mais la résidente a cru qu'il serait bon que je passe une échographie pour vérifier la longueur du col. Cette décision a sauvé la vie de notre enfant.

L'échographie a montré qu'il ne restait que ½ centimètre à mon col, qui aurait dû mesurer au moins cinq centimètres. C'est là qu'ont commencé nos grandes inquiétudes. J'ai été immédiatement admise à l'hôpital, sans espoir de rentrer à la maison avant la naissance du bébé. On m'a donné des antibiotiques pour empêcher l'infection et j'ai reçu la première de deux injections de Celestone nécessaires pour renforcer les minuscules poumons du bébé en cas d'accouchement prématuré. Je venais de me faire à l'idée d'un long séjour à l'hôpital quand, la deuxième nuit, mes eaux ont crevé. On m'a transportée d'urgence à l'Hôpital général d'Ottawa.

À ce moment-là, mon mari et moi avons été prévenus de ce qui pourrait arriver à notre enfant qui allait naître après une grossesse de 25 semaines : surdité, cécité, paralysie cérébrale résultant des saignements au cerveau, anémie, dysplasie broncho-pulmonaire, septicité, pneumonie, méningite, problèmes cardiaques, apnée. Puis, nous devions signer un formulaire qui nous offrait trois options : ne pas réanimer l'enfant; prendre des " mesures normales " de réanimation; utiliser des " mesures héroïques " (ou extraordinaires) de réanimation. On m'a ensuite donné un calmant. Mon mari et moi avons passé la nuit à pleurer en attendant le pire.

À notre éveil, le lendemain matin, je me sentais calme. Le bébé était sous surveillance constante depuis les trois derniers jours et elle se portait bien. Elle n'était pas en crise et, si elle devait se présenter avant terme, j'étais confiante qu'elle lutterait pour survivre. Après trois autres jours de travail, j'ai accouché.

Notre fille a passé les deux premiers mois et demi de sa vie à l'Unité néonatale des soins intensifs (UNSI) de l'Hôpital général. Je suis allée à l'hôpital tous les jours au moins dix heures par jour, et mon mari venait y passer quelques heures la nuit. Nous lisions sur toutes les complications dont peuvent souffrir les bébés prématurés. J'avais l'impression de pomper sans arrêt le lait de mes seins (Elizabeth n'a pas été allaitée à temps plein avant l'âge de six mois et demi). Quand nous étions là, nous en profitions pour lui donner beaucoup de soins, surtout changer les couches, la nourrir au moyen d'une sonde d'alimentation et la tenir propre. Un beau jour, nous lui avons donné son bain, avons pris sa température et l'avons changée de position. Notre activité préférée était de la tenir. En particulier, selon la technique kangourou : je pouvais rester assise des heures avec son corps nu sur ma poitrine aussi nue. C'était merveilleux pour elle et pour nous.

Notre bébé a souffert de septicité et de dysplasie broncho-pulmonaire, et s'est remise des deux. Par moments, nous avions peur qu'elle attrape une pneumonie. Elle a bien eu un "épisode ", soit un moment où elle ne respirait pas toute seule et où nous devions lui rappeler de respirer en la tapotant légèrement. Nous ne remercierons jamais assez les infirmières de l'UNSI qui en ont pris soin et lui ont probablement sauvé la vie bien des fois grâce à leur expérience, leurs connaissances et leur compétence. Quand nous l'avons emmenée à la maison, Elizabeth avait atteint le poids incroyable de 3 ½ lb.

Nous n'avons pas découvert pourquoi elle est arrivée de façon prématurée. Pour ce qui est de son développement, notre fille atteint son objectif pour son âge véritable, et sa taille se situe dans le 50e percentile pour son "âge corrigé " ou l'âge qu'elle aurait si je l'avais eue à terme.

Il est difficile de décrire le stress, la crainte, l'angoisse et la déception ressentis en tant que parents lorsque votre enfant ne vient pas au monde comme prévu. Pourtant, nous avons le grand bonheur d'avoir une enfant heureuse, en santé, sociable, qui commence à marcher et continue de nous étonner à chaque instant.

La maman d'Elizabeth

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